Femme Badass Du Mois

Funmilayo Ransome-Kuti, précurseuse des droits de la femme nigériane

Le continent africain regorge de femmes braves et vaillantes qui au cours de leurs vies ont lutté pour son développement et pour l’avancée des droits de la femme. Au sein de ce riche panthéon, vous pouvez trouver Funmilayo Ransome-Kuti. La femme Badass de ce mois n’est pas seulement la mère du très célèbre chanteur nigérian Fela Kuti. Elle est également une Cheffe à la tête de l’une des plus importantes organisations de femmes du 20ᵉ Siècle.

C’est donc sans surprise que nous consacrerons cet article à la découverte de l’histoire de cette grande dame, joyau du continent.

Une éducation favorable

Funmilayo Ransome-Kuti est née sous le nom de Frances Abigail Olufunmilayo Thomas le 25 octobre 1900 à Abeokuta au Nigeria. Son père faisait la culture de la palme et sa mère était une couturière. Bien que la tendance à l’époque était que l’éducation des filles se fasse à la maison afin de les préparer au rôle de mères et d’épouses, les parents de la jeune Frances ne l’entendaient point de cette oreille. Ils ont très vite compris l’importance de l’instruction aussi bien pour les garçons que pour les filles.  

Ils inscrivirent donc leur fille à l’Abeokuta Grammar School, une école préalablement destinée aux garçons, mais qui ouvrit ses portes aux filles à partir de 1914. Après ce cursus, elle poursuit ses études en Angleterre de 1919 à 1922. C’est d’ailleurs à ce moment qu’elle décide de se faire appeler Funmilayo (diminutif de Olufunmilayo) en réaction au racisme et la ségrégation raciale qu’elle y subit.

De retour au Nigeria, Funmilayo devient institutrice et épouse Israël Olodutun Ransome-Kuti, un révérend fervent défenseur des droits des concitoyens. Ils forment un couple assez singulier à l’époque en raison de l’égalité existante dans leur mariage. Ils étaient en décalage avec la norme patriarcale présente au Nigeria.

Un farouche militantisme

Funmilayo Ransome-Kuti s’est illustrée par son farouche militantisme. Qu’il s’agisse des luttes anti-coloniale ou des droits des femmes, cette « Cheffe » était une fervente panafricaniste défenderesse des droits de la personne humaine.

Elle a lutté pour l’accession à l’indépendance de son pays et pour une amélioration de la condition des femmes en Afrique de l’Ouest. Juste après son retour d’Angleterre, elle fonde en 1923 l’Abeokuta Ladies Club (ALC), un creuset d’échanges entre femmes africaines cultivées. Le but de ce Club était au prime abord la conception de travaux manuels pour des causes charitables. Mais très vite, la situation des femmes nigérianes qui étaient maintenues en dehors de la politique et de l’instruction commence à préoccuper Funmilayo.

Il devient donc impératif de politiser l’ALC. Avec l’aide de son époux, Funmilayo ouvre les portes de son club aux femmes analphabètes commerçantes qui représentaient la majeure partie de la population féminine d’Abeokuta. Le critère d’adhésion au Club devint d’ailleurs l’appartenance au genre féminin. Ce dernier fut rebaptisé en 1946 l’Abeokuta Women Union et devient un outil de revendication pour les femmes.

En 1949, le club prit une ampleur nationale et fut à nouveau renommé le Nigerian Women Union. Il comptait environ 20000 membres provenant de diverses régions du pays. L’union des femmes organisait des manifestations afin de revendiquer auprès du Roi qui était un pion des colons, contre la corruption du système juridique coloniale, l’imposition directe et la brutalité des autorités. Munies de leur slogan  » Pas d’imposition sans représentation ! » et de leur ardent courage, elles firent un pied de nez aux hommes qui subissent les implications coloniales sans broncher. Elles obtinrent la suspension des taxes imposées aux femmes ainsi que la possibilité d’être représentées politiquement parlant. Le Roi fini par abdiquer également sous le poids de tant de pression.

Funmilayo participa entre autres aux luttes pour l’indépendance. En 1953 elle prit part à la Conférence institutionnelle de Londres pour l’accession du Nigeria à l’indépendance. Elle obtint le Prix Lénine pour la Paix en 1970 en raison de ses nombreuses luttes. Funmilayo Ransome-Kuti mourut le 18 février 1977, assassinée.

Un héritage pour la postérité

Funmilayo Ransome-Kuti a sans aucun doute œuvrer pour l’avancée de son pays. L’histoire de cette femme nous montre qu’il faut pouvoir se battre pour ce qui est juste. Elle nous enseigne également la force de la sororité féminine. Ensemble, unies comme un seul être humain, les femmes peuvent réussir à soulever des montagnes. Nous devons nous inspirer du courage et de la détermination de cette matriarche afin de poursuivre nos rêves et d’œuvrer pour rendre ce monde meilleur pour nos filles et nos fils.

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