Dossier Spécial Féminisme

Espèce de féministe va !

Féministe n’est pas une insulte.

Avez vous constaté combien le mot féministe a une connotation péjorative de nos jours? A chaque fois qu’une femme s’exprime en matière de droits de l’homme et plus précisément de droits des femmes, on la qualifie directement de féministe. Comme si c’était une insulte. Comme si connaître ses droits et les revendiquer n’était pas juste. On lui rit au nez, on ne la prend pas au sérieux. Être féministe serait donc une chose néfaste, un défaut. Un danger pour l’équilibre fragile de cette société patriarcale. Alors en l’honneur de la Journée Internationale de Lutte pour les droits de la femme, nous allons ensemble prendre un petit cours de féminisme.

Ceci n’est pas le féminisme, mais ceci l’est !

Qu’est-ce que le féminisme ?

La réponse est toute simple et en choquerait plus d’un! Le féminisme est un courant de pensée combiné à l’action politique et sociale en faveur de l’émancipation des femmes mais également des hommes. Le féminisme prône l’égalité politique, sociale et économique des sexes. En gros, être féministe c’est croire que les hommes et les femmes sont autant capables les uns que les autres d’occuper des postes de responsabilité et faire évoluer la société. Donc non, le féminisme n’est en aucun cas une revendication de la supériorité des femmes sur les hommes. Et même si aujourd’hui certaines femmes ne comprenant pas ce combat donnent cette impression, le féminisme ne sert pas que les femmes. On reprend donc les mots de Ruth Bader Ginsburg quand elle dit que le féminisme  » ce n’est pas la libération de la femme. C’est la libération de l’homme et de la femme« .

Le féminisme, réduire les inégalités sociales

Vous le savez tous, nous vivons dans une société patriarcale c’est à dire une société où Les hommes sont placés au centre de tous. Savez vous qu’à une époque pas si lointaine les femmes étaient encore considérées comme des objets appartenant à leur époux ? Elle n’avaient ni le droit de travailler, ni le droit d’être éduquées, encore moins le droit de voter. Certaines devaient se travestir en homme pour exercer un métier qui leur était interdit. Les revendications pour l’obtention de ces droits ont eu lieu à partir de 1909!

Vous direz peut-être que c’était il y a longtemps. Mais encore aujourd’hui un peu partout dans le monde, la femme demeure une « chose ». Elle peut être donnée  en mariage alors qu’elle n’est encore qu’une petite fille, ou donnée en mariage au frère de son défunt époux comme un vêtement qu’on se passe dans une même fratrie. Battue, violée, réduite au silence et ce en 2020. Alors, dites moi comment se battre pour un monde plus juste envers la moitié de sa population pourrait être néfaste ?

Dessin de Ericson Mendes
Instagram: @ericsanmendes_arte.

Le féminisme et l’Afrique

Beaucoup clament que le féminisme et l’Afrique ne sont pas compatibles. Ils voient ce combat comme une menace pour les règles sociales et culturelles pré établies. Pourtant, comme l’a dit Chimamanda Ngozie Adichie,  « ce n’est pas la culture qui fait les gens, ce sont les gens qui font la culture ». On ne saurait maintenir une tradition parce qu’elle existe ! Il est de notre devoir de préserver notre culture, cela est indéniable. Mais quand une pratique cause du tort, et opprime on doit la changer. Les sacrifices humains étaient légions en Afrique il y a des siècles. Pourtant aujourd’hui ôter la vie à un autre être humain constitue un crime et est puni par la loi. Pensez vous que pour la préservation de la culture on aurait dû les continuer? Non. C’est pareil pour les inégalités sociales objet de combat du féminisme.

Le rappeur américain Asap Rocky arborant un tee-shirt « Nous devons tous être féministes », titre de l’essaie et du Ted Talk de l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozie Adichie.

Nous devons tous être féministes

Le féminisme, comme vous l’aurez compris est l’affaire de tous. La société nous opprime tous d’une manière ou d’une autre en fonction de notre genre. Ce courant de pensée ne met pas de côté les oppressions subies par les hommes. Cette pression sociale pour être « de vrais hommes ». On en parle pas souvent, mais dans la course pour une société plus juste, la masculinité toxique fait aussi partie du combat féministe.

Nous, femmes comme hommes, construisons la société. Nous avons créé des règles qui aujourd’hui ne nous rendent pas heureux. Il s’agirait de déconstruire celles qui fâchent et d’œuvrer pour rendre ce monde meilleur et plus vivable pour tous. C’est cela que vise le féminisme. Un monde meilleur et plus juste pour tous.

Je me considère comme féministe…Ce n’est pas le mot pour désigner une personne qui se bat pour les droits des femmes?

Dalaï-lama