Faits de Société

La discrimination féminine en milieu sportif

Alors que sifflait, il y a quelques jours, la fin des JO, et que les médailles gagnées par les athlètes les plus méritants ( ?) -mouais- suscitent encore de l’intérêt, néanmoins subsiste toujours un sujet dont on semble ne pas parler assez : les discriminations auxquelles les femmes sont sujettes dans le milieu du sport.

Il est toujours d’actualité que l’accès au sport pour les femmes ne se décline pas de la même manière que pour les hommes. En témoignent plusieurs facteurs comme les tests d’hormones, l’exigence vestimentaire ou encore le salaire.


L’hyperandrogénie, un mot récurrent érigé en (source de) mal-être

Définie par un excès d’androgènes circulants dans le sang, l’hyperandrogénie est un mot qui revient fréquemment lors de compétitions sportives ,et seulement à l’endroit des sportives. Les androgènes sont les hormones masculines principalement représentées par la testostérone.

Légions sont les athlètes qui ont été prises sous le joug de ce test. Caster Simenya est un nom parmi ces nombreuses victimes.

Depuis plus d’une dizaine d’années, cette athlète sud-africaine mène un combat devant les tribunaux pour qu’on lui reconnaisse sa « normativité ».
Elle serait jugée trop avantagée par rapport à ses concurrentes du fait de son fort taux de testostérone, donc mieux prédisposée à la victoire que ses collègues.

Tant que l’on n’aura pas compris que de vouloir délimiter un critère aussi indéfinissable qu’est l’avantage physique, ce débat peut durer encore 150 ou 200 ans. Quand on parle d’avantage physique, il faut aussi comprendre qu’il existe des prédispositions naturelles. Comme une grande taille en basket ou en saut en hauteur, un rythme cardiaque plus lent pour les courses de longue distance.

Anaïs Bohuon, professeure à la Faculté des sciences du sport Paris-Saclay

Pour entrer dans la norme, elle doit subir des interventions artificielles qui permettraient de reculer, oups réguler son taux de testostérone si tant est qu’elle veuille compétitionner.

Nous nous retrouvons donc plongés dans les abysses d’un monde où parce que nées d’un certain sexe, nous devrions modifier qui nous sommes pour entrer dans le moule de la société.

Comme si ce combat ne suffisait pas à freiner ce test ravageur, il a encore fait tout récemment de nouvelles victimes. Elles sont toutes deux de jeunes athlètes namibiennes et répondent au nom de Christine Mboma et Beatrice Masilingi . Elles se sont vu refusé l’accès aux JO, car leur taux de testostérone a été révélé anormalement élevé.


Une autre encore, Branda Banba, joueuse internationale zambienne de football (ayant participé aux JO de Tokyo 2020) est sujette à des propos qui se révèlent être des inanités. Elle ne serait pas une femme, car n’ayant pas de seins et ressemblant à un homme.
La question du test se poserait-elle quand il s’agit des sprints de la catégorie masculine ? Usain Bolt court quand même assez vite 🤔.

Devrions-nous continuer à maintenir une société qui ne reflète plus notre bien-être ou qui n’est plus en mesure de nous protéger ?

La déconstruction des stéréotypes ne serait-elle pas un début à l’espérance d’un monde égal ? Ou doivent-elles s’excuser d’être différentes de ce que la société a établi comme « norme » ? No way

Le vestimentaire qui se mêle à la parade

Si ce n’est le bonnet de bain pour cheveux afro qui est jugé non conforme, c’est le short qui est soit trop long, soit trop court, etc.

Plusieurs athlètes féminines se font constamment remonter les bretelles en ce qui concerne leurs vêtements de compétition et au pire, c’est l’amende.

Elles n’ont pas de marche de manœuvres, contrairement aux hommes qui n’ont pas réellement de prescriptions vestimentaires pour ce qui les concerne. Les femmes sportives par contre doivent respecter des ordonnances vestimentaires. Le vêtement ne doit pas être long, ne doit pas être ceci ou cela.

L’hypersexualisation qui est faite vis-à-vis des femmes sportives est assez invasive. On les veut sexy, un sexisme qui frôle tout de même la liberté de ces dernières à être bien dans ce qu’elles mettent pour travailler. Elles doivent pouvoir être à l’aise dans leur habillement afin de donner le meilleur d’elles-mêmes et ainsi pouvoir réaliser de belles performances pour obtenir de bons résultats.

Le monde est hostile pour les femmes, oui mais encore plus pour les femmes noires. Alice Dearing, en est une preuve de plus.

Elle est la première nageuse noire à représenter l’équipe de Grande-Bretagne aux Jeux olympiques de Tokyo, mais ne sera pas autorisée à porter le bonnet de bain spécialement conçu pour les cheveux noirs naturels, car ce bonnet ne respecterait pas la « forme naturelle de la tête » (😒really ?)

Cette réaction de la Fédération en charge des jeux olympiques a suscité des mécontentements mettant en relief une exclusion raciale et comme celle-ci se veut inclusive, elle a dit qu’elle réétudierait sa position par rapport au bonnet (on dirait qu’ils aiment que ça fasse du bruit d’abord avant de bien réfléchir😄)mais depuis, silence radio.

Même avec toutes ces pressions, ces braves sportives ne se laissent pas marginaliser et prennent des décisions parfois surprenantes qui leur valent notre admiration. En exemple, nous avons les femmes gymnastes allemandes qui ont choisi de délaisser le justaucorps qui est la tenue exigée pour mettre des combinaisons.

Mais avant elles, quelques années plus tôt, les joueuses de l’équipe nationale du beach-handball de la Norvège également, ont mis des shorts à l’opposé du maillot qui est la tenue exigée.

Cela leur a même valu une amende à payer (et alors ?). La chanteuse Pink qui a apprécié cette initiative a manifesté son soutien à ces joueuses et s’est même proposé de payer leur amende (girls you tear👌🏼). On les félicite.

Même si certaines conditions logistiques et d’entraînements ont connues des améliorations depuis quelques années -comme chez les joueuses de football, où il leur était imposé les pelouses synthétiques contrairement aux hommes-, pour ce qui est du volet financier, … (on se comprend 😂)

Le salarial n’est pas en reste

Si le Gap des inégalités salariales se réduit -timidement- après moult revendications dans plusieurs domaines, autant dire qu’en ce qui concerne le monde sportif, il n’en est encore (pratiquement) rien. L’écart est toujours aussi énorme entre les sportifs et les sportives.

L’un des cas que nous pouvons actuellement cité, est celui de l’équipe féminine américaine de football à qui l’on a refusé de reconnaître, par un jugement, le fait qu’elle soit victime d’inégalité salariale par rapport à ses comparses.

Malgré que cette équipe soit beaucoup plus compétitive et constitue un réel aimant à trophées, que celle des hommes, les joueuses gagnent tout de même trois fois moins (et là encore, c’est pour ne pas trop choquer, parce que cela va jusqu’à 12 fois moins) que les hommes.

Les joueuses se retrouvent parfois (malheureusement) obligées de menacer de boycotter les championnats ou les compétitions avant que leurs revendications ne soient prises en compte et que quelque chose soit fait dans ce sens.

L’opprobre ne s’arrête pas là car, même les femmes coaches qui gagnent sont moins payées que les hommes coachs qui perdent( aberrant n’est-ce pas ?)

Cependant, le tennis fait partie de ces rares sports où les inégalités salariales homme-femme sont moindres. C’est ce qui a valu à Naomi Osaka et l’international joueuse de tennis Serena Williams de paraître dans le top 100 des sportifs les mieux payés du monde (et encore, allez-y voir leur rang).

L’ancrage des stéréotypes de genre comme quoi la femme serait moins rentable 😒 que les hommes est une des causes de ces faits. Mais la faible rentabilité, à quoi est-ce liée ? Au fait peut-être de toujours pratiquer sa profession en étant enceinte.

Qualifiée de « baiser de la mort », la grossesse est souvent perçue dans le monde sportif comme synonyme de rupture de contrat, de perte ou une baisse drastique de sponsors, etc. Plusieurs sportives en ont fait les frais comme Allyson Félix, (surnommée Chicken legs😂) une athlète qui a vu son salaire revu en baisse à 70% car elle était enceinte.
D’autres pour éviter la casse cèdent à la pression constante de revenir aux entraînements juste quelques semaines après leur accouchement (and it’s difficult).

Ainsi, pour ne pas être prédisposé à de tels aléas, certaines joueuses cachent leur état. Elles peuvent le révéler à la fin des compétitions ou lorsqu’elles ne sont plus en course pour un titre ou une médaille.

Je n’avais pas envie que cette grossesse m’empêche de jouer au basket.

Valériane Ayayi Vukosavljevic, joueuse de Basket-ball, Équipe de France .


Cela a été le cas de la joueuse de Basket-ball Valériane Ayayi Vukosavljevic (médaillée olympique) qui a annoncé publiquement sur ces réseaux sociaux après la compétition, avoir sa plus belle médaille bien au chaud dans son ventre depuis tout ce temps.

Les femmes noires sont les femmes les plus fortes qui existent, mais elles ne sont pas invincibles.

Dans un monde où la différence est systématiquement stigmatisée, la société doit s’atteler à faire des femmes fortes et fières, telles la gymnaste Simone Biles ou encore la joueuse de tennis Naomi Osaka qui ont arrêté des compétitions où elles concouraient pour préserver leur santé mentale et en prendre soin.

Et pour y parvenir, c’est une implication de tou.s.tes et à tous les niveaux qui est sollicitée, à commencer par la maison, notre entourage proche. Parce qu’un monde où les sujets liés à l’égalité des sexes, seront relatés telles des batailles du passé gagnées, est l’héritage que nous voulons laisser à la génération future.

Agoodojie !

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